République Islamique de Mauritanie, ce genre d'appellation prend depuis quelques années une résonance particulière dans les oreilles occidentales, ne vous méprenez pas, nous ne sommes pas chez les Talibans. L'Islam est certes la religion officielle et obligatoire pour tout ressortissant Mauritanien mais ici la foi se pratique spontanément, sans excès, avec intelligence et tolérance. (il existe à Nouakchott une église où les ressortissants étrangers qui le souhaitent peuvent pratiquer le rite catholique) La première des raisons en est très certainement l'érudition ancestrale d'une part importante de la population; ainsi Chinguetti, Oualâta, Tichît et bien d'autre, qui furent dès le 11ème siècle d'incontournables carrefours commerçants entre l'Afrique et l'Occident furent également des centres culturels renommés où s'échangeaient les savoirs théologiques mais aussi scientifiques de l'époque. Est ce de là que le Mauritanien d'aujourd'hui tient sa curiosité et son attirance pour l'étude et la connaissance? La deuxième raison que l'on peut évoquer est que l'Arabe est de loin la langue la plus pratiquée. Le Coran et les hadiths, qui sont pour le croyant les sources principales (et immuables) d'inspiration, peuvent donc ici être lus et interprétés "en direct" par chacun ce qui évite les "intermédiaires" et leurs interprétations potentiellement fanatiques comme cela se voit plus couramment dans les régions où l'Arabe n'est ni lu ni écrit par la population. L'Islam Mauritanien est d'obédience Sunnite Malékite, même si l'on peut parfois discerner en filigrane quelque réminiscence animiste venues de la voisine Afrique noire. Les prémices de l'Islamisation de la Mauritanie remontent au 11ème siècle lors de la création du mouvement Almoravide par quelques membres d'une tribu berbère Sanhadja, à leur retour de la Mecque. Au quotidien, la pratique de l'Islam est, ou devrait rester, une affaire de discipline individuelle, le rapport à Dieu ne transitant pas par un clergé inexistant. Cette "autogestion" de la foi a certainement été favorisée en Mauritanie par l'isolement des populations traditionnellement nomades. Ce que l'on appelle habituellement les cinq piliers de l'Islam sont: La profession de foi (Chahâda) par laquelle le croyant déclare croire en Dieu et surtout en son unicité La prière (salât) cinq fois par jour, celle du vendredi midi à la mosquée ayant une signification sociale plus marquée. Le ramadan (sawm) mois de jeûne pendant lequel la prise de nourriture, boisson, tabac et plaisirs divers sont prohibés entre le lever et le coucher du soleil. Le pèlerinage à la Mecque (hadj). L'aumône (zakât) ou le principe de solidarité. Là encore dans le principe, c'est l'autodiscipline qui prévaut, Dieu laisse à chacun la possibilité d'adapter son assiduité à ses possibilités ou à la conjoncture. Les fêtes de l'Islam : Elles sont déterminées selon un calendrier lunaire, leurs dates ne sont pas immuables et avancent globalement d'une dizaine de jours tous les ans puisque l'année lunaire comporte 354 ou 355 jours (en 2003 le mois de ramadan se situait à cheval sur Novembre et Décembre) Ce calendrier a son origine en l'an 622 de l'ère Chrétienne. On retiendra principalement : Al Mulud commémorant la naissance du prophète Mohamed, L'haïd el Fitr qui signe la fin du mois de Ramadan, le nouvel an lunaire, L'haïd el Kébir quant à elle commémore, en le reproduisant symboliquement, le sacrifice d'Abraham. Nous rappelons quand même, pour mémoire, que l'Islam est la troisième religion monothéiste Abrahamique, apparue au 7ème de l'ère Chrétienne, elle vient compléter la grande saga Judéo-Chrétienne, la plupart des grandes figures bibliques habitent également le Coran mais n'y ont simplement pas le même statu, Jésus par exemple y est considéré juste comme un prophète. |